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Michel Vonlanthen
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La musique - et plus particulièrement le jazz - fait depuis toujours partie intégrante de ma personnalité. J'y suis immergé dès le matin puisque je commence chacune de mes journées par une demi-heure à une heure de gymnastique rythmée par de la musique. Je pratique cette dernière en amateur ("celui qui aime") et m'esquinte la santé sur un saxophone ténor, après avoir flirté avec la batterie et la guitare. Je n'aime pas seulement la musique, elle fait réellement partie de ma vie. J'en écoute à tous moments du jour et de la nuit, assis, couché, debout, dans le bain, à l'aveugle, sous la neige, dans le brouillard, la tête en bas, les mains attachées dans le dos... La photographie est également "inscrite dans mes gènes". J'ai pris et développé ma première photo à l'âge de 14 ans, marquant indélébilement le fond de la baignoire familiale avec de l'hyposulfite de soude ! Ma première photo jazz date des années 70, prise au Montreux Jazz Festival. Ce qui me passionne, ce n'est pas de faire de l'art pour l'art, mais plutôt d'immortaliser un moment ou une expression, une façon de participer avec les musiciens à la création artistique qui a lieu sur scène. En ce sens, je préfère m'abstenir et rater une bonne prise de vue plutôt que de perturber une performance. J'aime et respecte les musiciens et ceux-ci le sentent. Ils se rendent compte que je ne suis pas un paparazzo et que je ne publierai jamais une photo d'eux qui leur manquerait de respect. Cela nous confère un lien privilégié et une amitié souvent définitive lorsque la possibilité de les approcher m'est donnée. Tout cela va dans le même sens que les consignes données par le Conseil suisse de la presse. Techniquement parlant, j'ai appris ces techniques par passion, en lisant, en prenant des cours ponctuels, en discutant et en pratiquant. Mais sans passer par un cursus traditionnel, avec diplômes encadrés sur les murs, mais générateur de trop de perte de temps à mon goût. Cela fait plus de 10 ans que
je n'utilise plus que des caméras numériques, préférant la mobilité et la
légèreté à la technique de studio. La réflex Canon EOS-50D, munie de ses
objectifs stabilisés a ma préférence: deux zooms stabilisés 24-70/2.8 et
70-200/2.8 et objectif fixe de de 50mm/1.4. C'est pratiquement ce qui se fait de mieux pour les faibles
lumières, d'autant plus que la caméra permet de prendre des photos sans
trop de grain jusqu'à 3200 ISO. Un canon EOS-40D et un Nikon D700 avec un zoom grand angle à
F 2.8 (jusqu'à 25600 ISO ! ) viennent compléter l'équipement. Sans
compter bien sûr les petits appareils que j'ai presque toujours sur moi,
y compris mon GSM à 5 Mpixels. Je suis également très actif dans la vidéo/télévision, d'une part du côté technique en développant des caméras émetteur ultra miniatures ainsi que des logiciels et interfaces électroniques/informatiques sur mesure, et d'autre part du côté artistique, en produisant des vidéos et du streaming vidéo sur Internet. J'ai également une activité journalistique soutenue dans les domaines techniques (transmissions, télécommunications, électronique) et artistiques (jazz, rock, peinture, sculpture). Activité également soutenue dans la création et l'alimentation de sites Internet. Je me suis récemment trouvé une qualité commune avec le chanteur de jazz Allan Harris. Je discutais avec son épouse en compagnie de mon amie et, en parlant de mes photos, cette dernière déclara "oui, oui, tu aimes bien aussi photographier les jolis minois!...". "Bien-sûr", lui répondis-je, "c'est normal puisque je suis lesbien (qui n'aime que les femmes!...)". Pat éclata de rire en disant "ça alors c'est marrant, Allan me dit exactement la même chose!".
Interview d'Yvan Ischer (RSR JazzZ
du 8 avril 2005 à Cully Jazz): Quelques-unes de mes photos de par le monde
Michel Vonlanthen |
Quelques-unes de mes photos
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Texte fait à l'occasion du Montreux Jazz festival 2004 J'aime ce moment où je pose mes doigts sur le clavier et me met devant un écran vierge. Il est vide et dans un instant je l'aurai rempli de sensations, de souvenirs et de faits de ces nuits passées à photographier mes frères, les artistes En tant que photographe, la vision d'un concert est différente de celle que peut avoir un spectateur ponctuel. Il y a tout d'abord le quotidien de tenter d'éviter les bouchons de l'autoroute et de trouver une place de parc en choisissant l'heure du départ et le trajet. C'est quelquefois la galère, surtout lorsque le départ est trop tardif, mais je finis toujours par trouver à me parquer. Ensuite le passage vers l'organisateur de la soirée pour prendre le line-up de la soirée et les consignes photo. En général, celles-ci ne sont autorisées que pendant les deux ou trois premiers morceaux de chaque concert. Il faut donc se dépêcher de profiter de la moindre lumière, de la moindre position des musiciens, pour emmagasiner des images susceptibles de redonner "l'odeur" du concert après-coup, autant pour celui qui l'a vécu que pour celui qui n'a pas eu cette chance. Le souvenir du bonheur, c'est encore du bonheur! C'est une sorte de chorégraphie rapide, l'oeil rivé au viseur, le téléobjectif scotché sur le sujet, quelquefois à la limite de la tétanie. Il faut évoluer, plié en deux, entre le premier rang des spectateurs et la scène, aveuglé par les projecteurs, marchant parfois sur quelque pied imprudemment avancé. Tout cela pour la musique, pour le bonheur, justement, de prolonger le plaisir du concert, de pouvoir le revivre après coup, d'en ressentir l'ambiance. Musiciens, spectateurs, photographes, tous dans le même bateau, dans une même communion, pour cette musique qui nous apporte du plaisir, participant collectivement à l'oeuvre qui se joue sur scène! Le photographe a un avantage sur le spectateur, il est au contact des musiciens, et souvent une complicité s'installe. Les vrais pros savent très bien montrer leur bon profil, regarder la caméra, faire ce qu'il faut pour que leur complice en public relation, le photographe, puisse le servir au mieux de son art. Cette proximité permet de voir des détails insoupçonnés et provoque aussi des réactions marrantes, comme par exemple, avec Chick Corea, à Montreux 2004, qui m'a tiré la langue alors que je m'étais séparé du groupe compact de mes collègues et avais trouvé un axe de visée juste en face de lui. Dommage que j'aie raté la photo, mon appareil transférait en mémoire la photo précédente à ce moment-là !... Il y a aussi la photo qu'on ne fait pas, par pudeur ou par éthique, par exemple, lors d'un pianissimo qui serait perturbé par le déclic de l'obturateur. Ou lorsque l'artiste a une pose incongrue ou n'est pas à son avantage. Personnellement, je me considère comme participant à l'oeuvre qui se joue sur scène, et, avec mes photos, je peux en donner une vision faussée. Si ça se présente, je préfère ne rien montrer plutôt que de détruire la magie du spectacle. A laquelle je participe d'ailleurs puisqu'une fois mes photos faites, je peut me laisser aller à écouter le reste du concert et battre le temps avec la tête et les pieds. Je ressens très profondément le jazz et je dois l'exprimer physiquement, c'est ainsi. Ensuite il y a l'entracte, l'assaut du bar pour se rafraîchir quelque peu, des copains ou des connaissances à saluer. Et à la fin du concert, entre 23h30 et 3h00, c'est selon, le repli vers le bar, dernière conversation, dernier verre, et retour au parking. Dans le cas grave où je n'aurais pas eu le temps de manger avant le concert, un petit sandwich au saumon sur le pouce et zou, alla casa ! Là, en arrivant, déchargement des photos dans l'ordinateur, douche, et au dodo, c'est quand même souvent entre 2 et 3 heures du matin, et demain est un autre jour...
Michel Vonlanthen |