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"L'Objet du Délit", le film
d'Agnès Jaoui est un chef d'oeuvre!
C'est une fable sur l'amour des
gens, de la musique et sur les rapports hommes-femmes

Elle-même chanteuse classique - oui elle en fait les études - elle
réussit à montrer ce qui peut se passer lorsqu'un évènement "Me too"
se produit durant une répétition d'un opéra. Dans le film, c'est la
seule des chanteuses qui n'est pas totalement doublée par de vraies
chanteuses d'opéra.
Il y a la détresse de la chanteuse agressée
(qui a de la peine à se caler sur le rythme mais qui est la
fille du mécène).
L'intransigeance des femmes présentes sur le plateau ("Je suis là
pour le quota" dit Chérubin, joué par la sublime et noire
Eye Haïdara).
L'incompréhension de l'agresseur (le grand ténor italien) empêtré
dans son ego et les habitudes d'un monde révolu ("mais que me
reproche-t-on à la fin?").
La peur panique du chef d'orchestre (Daniel
Auteuil) de se retrouver sur une liste
d'agresseurs qui circule ("Non je n'ai rien fait, enfin oui
peut-être un peu, mais c'était comme ça à l'époque".
La diva vieillissante (Agnès
Jaoui), qui est contre toute
cette intransigence et qui finit par dire à son ancien époux "je
t'ai quitté parce que tu ne comprenais rien" alors que lui n'y
voyait que ses éjaculations précoces. Au sujet de la liste: ("Tu
as tout de même bien dû sentir si elle protestait par coquetterie ou
si elle ne voulait vraiment pas!").
La réalisatrice (dans le film),
Claire Chust ("Scénes de ménage"), qui a été engagée
par un sponsor qui la courtisait, aussi parce qu'elle était une people qui allait attirer des spectateurs,
mais qui n'avait aucune expérience de la réalisation. ("Tant
qu'il espère, il ne peut rien me refuser").
L'ancien videur de boîte de nuit qui se retrouve régisseur par hasard ("finalement, Mozart c'est pas si nul que ça")
et ("moi aussi ça m'arrive lorsqu'on parle des Arabes").
Ce film est déjà passionnant et émouvant avec tout cela. Entre les
exigences de la production, les contretemps de toutes sortes et les
caprices des stars, mener à bien le montage d'un tel spectacle tient
du miracle. Mais il y a en plus l'accroc "Me too" et là Agnès Jaoui
touche au sublime en arrivant à mettre des mots sur les réalités que
subissent les femmes, mais aussi le désarroi des hommes (j'en suis)
qui sont déstabilisés par la violence et l'intransigence des
féministes.
Rien que pour ces "Noces de Figaro" de Mozart, il faut aller voir ce
film! C'est du classique mais peu importe, tous ceux qui aiment la
musique sous quelque forme que ce soit s'y retrouveront. Aussi pour comprendre la difficulté qu'il y a à monter
n'importe quel spectacle. Et surtout pour comprendre un peu mieux les femmes et
les hommes pris dans ce phénomène "Me too". De quoi en avoir la
larme à l'oeil tellement c'est bien dit...
Ce film est un chef d'oeuvre, merci Agnès !
Photo d'Agnès Jaoui
prise au Cully Jazz
Festival
le
24 mars 2007
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